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LE STRESS AU TRAVAIL : COMMENT L’ÉVITER ?

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Vous êtes-vous déjà dit le soir en rentrant du travail, que vous étiez “vidé” ? Vous est-il déjà arrivé de rentrer du travail en colère ou triste et de ne pas savoir passer à autre chose ? Cela vous a-t-il déjà empêché de trouver l’appétit ou le sommeil ? Cette colère, ou cette tristesse ont-elles déjà provoqué des disputes au sein de votre famille ? Si la réponse est oui à l’une de ces questions, alors cet article est fait pour vous.

Ces réactions sont causées par le stress qui provoque lui-même des réactions émotionnelles négatives telles que la colère ou l’angoisse. Le stress au travail est de plus en plus présent dans le monde, et surtout en France. Nous nous classons au 3ème rang mondial des dépressions liées au travail. En Europe, 40 millions de personnes sont touchées par le stress au travail.

Les conséquences sont terribles, que ce soit sur le plan financier (le coût annuel du stress en Europe est de 617 milliards d’euros, soit 4 fois le budget de l’UE), sur le plan professionnel (absentéisme, présentéisme, turn over, relations professionnelles difficiles), que sur le plan médical (problèmes gastriques, douleurs dorsales, troubles musculo-squelettiques, céphalées, problèmes dermatologiques, insomnies, problèmes cardio-vasculaires, sans oublier la détresse émotionnelle).  

La majorité de ces symptômes nous incitent à fuir le facteur principal de stress, c’est-à-dire, le travail. Certains réagissent par la fuite (démission, arrêt de travail), d’autres par la lutte, comme le font les 18% de salariés activement désengagés. D’autres choisissent l’évasion en fumant, en buvant de façon excessive ou en se droguant.

Bien sûr, il est exclu pour nous aujourd’hui, d’utiliser de telles méthodes car elles sont nocives pour la santé. Nous cherchons à vous proposer des solutions concrètes et faciles à mettre en place, pour réagir face à ce stress et le prévenir, si cela est possible.

Parfois, certaines situations n’offrent pas la possibilité de réagir de manière positive et proactive. La solution ne sera pas la fuite, mais la recherche de meilleures solutions adaptées à nos besoins.

CHANGER DE VISION : L’OPTIMISME APPELLE LE POSITIF

Avez-vous déjà remarqué que quand vous vous attendiez à un événement négatif, il se produisait souvent ? Les pessimistes diront ici qu’il fallait s’y attendre, et qu’au moins, en s’attendant au pire ils ne sont pas déçus. D’ailleurs, si le pire ne se produit pas et que l’événement est positif, alors ils sont d’autant plus contents. Certes, c’est une façon de voir les choses. Mais en étant pessimiste, on développe un comportement qui appelle la négativité.

Je vous explique : Jean et Maya ont leur entretien annuel demain avec leur manager. Ils ont tous les deux réussis tous les projets qu’on leur avait confié à l’exception d’un seul. Jean est optimiste. Il part se coucher en repensant à tous ses succès dans l’année et rapidement à son échec, en se disant qu’au moins il a appris quelles erreurs ne pas faire. Il passe une bonne nuit de sommeil et se présente à son entretien confiant. Il expose à son manager ses réussites et les leçons qu’il a tiré de ses échecs.

Maya de son côté est pessimiste. Elle rumine son échec toute la soirée et imagine les reproches de son manager, ce qui l’empêche de s’endormir. Elle se rend à son entretien annuel grincheuse car elle a mal dormi. Quand son manager lui demande d’évoquer  ses succès de l’année, elle a du mal à les mettre en valeur car elle n’y a pas beaucoup pensé. Elle tente ensuite de minimiser son échec. Elle sait qu’elle est douée mais n’arrive pas à se mettre en valeur.

Récit adapté de Vivre mieux avec ses émotions, Dr Martin Desseilles et Dr Moïra Mikolajczak

A votre avis, lequel des deux est plus susceptible de recevoir une bonne évaluation et peut être une augmentation ?

En effet, notre degré d’optimisme influe sur le cours des événements. Une personne optimiste va tout faire pour que ce qu’elle souhaite se réalise, contrairement au pessimiste qui lui s’attendra à une issue défavorable et ne trouvera pas le courage d’entreprendre quoi que ce soit, puisque “à quoi bon”.

Alors, soyez optimistes, soyez positifs ! Et parce qu’on ne devient pas optimiste du jour au lendemain, entrainez-vous. Essayez par exemple de trouver du positif dans les situations ci-dessous. Pour vous aider, l’interprétation positive est notée dans les premières situations :

Événement Interprétation négative Interprétation positive
Je suis bloqué dans les embouteillages l’horreur…c’est du temps perdu sur les loisirs C’est un moment pour réfléchir, écouter la radio ou la musique, et décompresser avant de rentrer
Je dois passer l’aspirateur ça fait du bruit, c’est une perte de temps et un éternel recommencement Je brûle des calories et je fais du sport, ce qui est bon pour ma santé ! En plus, la maison sera propre, ça fera plaisir à ma femme (ou mon mari) !
Ma voiture est en panne, je dois prendre le bus Quelle poisse ! Se lever à 5h30 au lieu de 07h00, pour se retrouver écrasé dans les transports en commun ! J’aurai le temps de lire un livre ou un magazine. En plus, j’économise de l’essence et ce soir je ne serai pas bloqué dans les embouteillages !
J’ai beaucoup de travail en ce moment Marre de passer ma vie à travailler…
Mon manager veut gérer un projet mais il s’y prend très mal et ne sait rien faire On ne risque pas d’avancer très vite. Il est incompétent. Le projet ne va jamais aboutir.  
Mon enfant a encore la grippe, je dois prendre un congé, ce n’était pas prévu Encore malade ! Ces crèches sont des nids à microbes… Un jour de congé perdu !

Tableau adapté de Vivre mieux avec ses émotions, Dr Martin Desseilles et Dr Moïra Mikolajczak

Si malgré votre nouvel optimisme, vous devez toujours faire face à des situations conflictuelles provoquant chez vous des émotions désagréables, alors apprenez comment mieux gérer les conflits.

APPRENDRE À RÉSOUDRE UN CONFLIT

L’objectif est ici de savoir mieux s’exprimer dans une situation donnée, afin de pouvoir se faire entendre et se faire respecter sans froisser l’autre. L’idée est de sortir de la situation gagnant-gagnant. On obtient donc un changement de la situation et une issue favorable.

Ok, c’est très bien tout ça, mais comment faire ?

Voici les bonnes pratiques à adopter pour désamorcer un conflit facilement et avoir plus de chances d’obtenir une issue favorable :

Ce qu’on a tendance à faire Ce qu’on devrait faire
On ne choisit pas forcément le bon moment On choisit un moment propice
On crie, on montre ce que l’on ressent On parle calmement, on dit ce que l’on ressent
On accuse l’autre (Tu…) On s’exprime à propos de soi (Je…)
On parle de personnalité (Tu es…) On parle de comportements (Tu fais…)
On généralise (Toujours, jamais, depuis quinze ans…) On évite de généraliser, on donne des exemples
On juge ou on moralise (Tu n’as aucun respect) On s’en tient aux faits
On n’explique pas pourquoi la situation est un problème pour nous On explique en quoi la situation est problématique pour nous
On impose la solution On propose des solutions, on demande à l’autre ce qu’il propose
On s’en va une fois qu’on a fini de parler On laisse à l’autre le temps de s’exprimer

Tableau tiré de Vivre mieux avec ses émotions, Dr Martin Desseilles et Dr Moïra Mikolajczak

En appliquant cette méthode, il y a de grandes chances pour que la situation s’améliore.

Mais une fois encore, cela peut ne pas suffire (Dis donc, votre interlocuteur parait fermé !)

“ACCEPTER CE QU’ON NE PEUT PAS CHANGER”*

Dans ce cas, la meilleure des solutions est d’accepter. Accepter que votre interlocuteur n’ait pas le même point de vue que vous. Accepter que sa réaction ne provienne pas de sa personnalité mais peut être de notre perception de la situation, ou de contraintes qui sont hors de son contrôle.

Changez de point de vue, essayez de vous mettre à sa place, dans son contexte, et peut être que vous comprendrez pourquoi il réagit de cette manière.

Attention, cela ne revient pas à lui trouver des excuses. Il est important de bien faire la différence. On se base ici sur des faits réels et pas sur des suppositions.

Bien sûr, cela ne résout pas votre problème : vous êtes toujours dans une situation conflictuelle. Mais vous avez l’avantage d’avoir tenté d’en discuter pour résoudre le problème ce qui montre une grande maturité et beaucoup de courage. Il n’est pas facile d’exprimer les problèmes à voix haute. Vous pouvez être fier de vous !

LE DÉSENGAGEMENT : UN MOYEN DE SE PROTÉGER

Si toutefois les émotions négatives et désagréables se font ressentir, la solution est de vous désengager. Je vous entends déjà : “mais c’est une fuite !”. Bien sûr que non ! Vous avez essayé, mais ça n’a pas fonctionné. Pour vous protéger, et tenter de diminuer les émotions négatives, il faut travailler sur la cause.

Vous êtes en colère parce que vous vous investissez beaucoup dans votre travail et malgré tout, vous n’avez pas eu de reconnaissance de votre hiérarchie ? Investissez-vous moins ou cherchez de la reconnaissance dans d’autres activités. Vous êtes stressé parce que votre supérieur vous met la pression et que vous avez trop de travail ? Faites votre travail dans la mesure du possible, respectez vos horaires. Après tout, nous sommes humains, pas des super-héros.

A VOUS DE JOUER ! TROUVEZ VOTRE ISSUE FAVORABLE !

Être optimiste, bien s’exprimer et laisser la possibilité à l’autre le faire également, voilà deux pratiques qui devraient vous permettre d’aller de l’avant. En cas d’acceptation, sachez que cette situation négative aujourd’hui, pourrait bien s’avérer positive en fin de compte. Cela cache peut être une nouvelle opportunité professionnelle : un nouveau projet que vous n’auriez pas pu réaliser si votre conflit s’était résolu, un nouveau travail que vous n’auriez pas trouvé si vous aviez obtenu ce que vous souhaitiez, une réorientation professionnelle ? (Et oui, c’est mon côté optimiste, je ne peux pas m’empêcher de trouver du positif partout).

Ces outils ne sont bien évidemment pas des solutions complètes et ne permettent pas de faire disparaitre le stress au travail. Mais cela peut aider à prévenir les situations sources de stress. Après avoir essayé de modifier une situation stressante en étant proactif, sans résultats, rassurez-vous, c’est peut être que la résolution du problème n’est pas dans votre champ d’action.

L’important est d’être en accord avec vous-même, vos valeurs et surtout, d’être en bonne santé (rappelez-vous la liste d’effets du stress sur votre santé). C’est pourquoi, il faut savoir se préserver et parfois quitter une situation problématique (chercher un autre travail), ou chercher la satisfaction de vos besoins (reconnaissance, affiliation, stimulation,…) ailleurs (sport, famille, bénévolat, réseau professionnel, musique, lecture, tourisme, …).

A vous de transformer une situation désagréable en quelque chose de positif.

Pour en savoir plus sur la gestion des émotions, je vous invite à lire Vivre mieux avec ses émotions, du Dr Martin Desseilles et Dr Moïra Mikolajczak.

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